Retour accueil

ENJEUX AUXQUELS RÉPOND LE PROJET BIMPLEMENT

1. le processus BIM actuel    

Actuellement, le processus BIM, et les maquettes, sont essentiellement utilisés dans les phases de conception, par les maitres d'oeuvre et par les bureaux d'études des entreprises (uniquement celles qui conçoivent les maquettes EXE).

Mais ces maquettes ne descendent jamais sur le chantier lui-même. les chefs de chantier, chefs d'équipe ou compagnons n'ont accès que à des plans 2D, en pdf ou dwg … sans oublier la faible utilisation du numérique professionnel dans le cadre de chantier du bâtiment).

Or, du fait de la complexité croissante des projets nZEB, ces projections en 2D ne peuvent pas rendre compte de cette complexité qui a pourtant nécessité le travail de plusieurs équipes d'architectes et d'ingénieurs de métiers différents, pour concevoir l'empilement des réseaux, les gestions d'interfaces, les niveaux ... Le projet H2020 BIMplement s'est centré sur cette question.

2. Pourquoi utiliser les maquettes BIM sur le chantier ?

2.1. Se représenter le projet

Sur le terrain, les compagnons doivent donc se représenter le bâtiment à partir de plans 2D, souvent surchargés , ou de compiler virtuellement un ensemble de plans pour imaginer le bâtiment final, le travail que chaque lot doit réaliser, et les interfaces à gérer.

Le premier niveau sera d'apprendre aux entreprises et artisans (qui n'ont pas à réaliser de maquettes BIM dans le cadre de leur participation à un processus BIM ) à utiliser un viewer qui leur permettra de visualiser eux-mêmes les maquettes et de s'approprier le projet sous l'angle de leur métier. Ainsi, le seul investissement des entreprises à ce stade de participation à un processus BIM est un outil numérique à disposition sur le chantier (tablette par exemple).

2.2. Enrichir la maquette pour l’adapter à son métier

Dans un deuxième niveau, les chargés d'affaires et/ou chef de chantier/d'équipe pourront apprendre à visualiser/intégrer les documents techniques nécessaires à la mise en oeuvre (plans 2D, documents techniques des produits et matériels, vidéos de mise en oeuvre, détails archi, ... en fait tous documents mis au point pendant la phase de conception, mais souvent difficilement disponibles en format papier sur le chantier).

2.3. Faire participer les entreprises au processus BIM

Un troisième niveau vise à rendre les acteurs des entreprises et les artisans, acteurs du chantier, et à les intégrer dans le processus BIM (dont ils sont en général absents). Cela consiste :

- d'une part à utiliser les moyens de communication intégrés aux viewers et aux plateformes collaboratives, pour échanger entre responsables de lots et avec les autres acteurs du processus BIM, et gérer les interfaces entre lots, les difficultés rencontrées, les demandes/questions /commentaires ...

-d'autre part, participer au processus BIM signifie aussi participer activement à l'élaboration du DOE numérique, en intégrant les entreprises dans la collecte directe d'informations mises à jour sur la maquette, en temps réel (et non pas sur un document xls remis en fin de chantier), en incluant les références des produits mis en oeuvre, les fiches de contrôle qualité, les photos prises avant finitions ...

Bien sûr, arriver à cette étape demande un changement des pratiques des entreprises, mais aussi des BET qui doivent penser à la conception/phase EXE aux besoins des entreprises sur le chantier, et accepter que les entreprises puissent leur faire des retours et des demandes !

3. Quelques résultats de BIMplement    

Le projet BIMplement a expérimenté ces 3 niveaux dans le cadre de projets réels où des formations de salariés d’entreprises ont été mises en place.
Nous avons montré que, pour mettre en
œuvre les 2 premiers niveaux, 2 jours de formation pour les entreprises étaient suffisants, ces 2 jours pouvant se faire par sessions courtes sur le chantier, éventuellement par des formateurs internes à l'entreprise, préalablement formés aux principes pédagogiques de BIMplement.

Il reste encore un gros travail à faire en termes d’information et de sensibilisation des acteurs :
- L
e maître d'ouvrage est un acteur incontournable, car il est celui qui peut imposer l'utilisation des maquettes sur le chantier au travers d’un processus BIM qui inclus leurs usages lors des réunions de chantier et des exigencesd’utilisation d’outils numériques par les acteurs du chantier.
- les entreprises doivent être informées de l'intérêt qu'elles ont à utiliser les maquettes pour répondre à leurs propres besoins. Actuellement, la communication sur le BIM étant essentiellement faite sur la conception, sur la complexité des outils, sur les besoins de formation approfondie. en conséquence, les entreprises ne se sentent absolument pas concernées, voire ressentent un sentiment de rejet vis-à-vis du BIM ... qui ne sert à rien !
-
La 3ème phase correspond à la mise en place d'un processus BIM global, dans lequel les entreprises ont (enfin) un rôle reconnu et actif, avec une convention BIM qui détaille les besoins , attentes et responsabilités de chaque acteurs vis-à-vis des autres. Cette phase sous-entend aussi un cahier des charges BIM du maître d'ouvrage détaillé et intégrant un tableau d'objet précis, y compris pour la phase construction.